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Grues cendrées au lac du Der : quand et où les observer
Nature & plein air

Grues cendrées au lac du Der : quand et où les observer

Par Camille Leroy / 24 septembre 2026
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Grues cendrées au lac du Der : quand et où les observer

24 Sep 2026

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L’essentiel

Au lac du Der, en Champagne, les grues cendrées passent d’octobre à mars, avec un pic d’automne qui tombe entre la mi-octobre et le 20 novembre. On les voit au lever du jour, quand elles quittent le lac pour les champs, et au coucher, quand elles reviennent dormir sur les îlots. En journée, le lac est presque vide. Depuis 2020, les maxima tournent entre 47 000 et 94 000 oiseaux ; le record de 2019, plus de 268 000, reste une exception.
Je n’ai qu’une demi-journée

Venez l’après-midi, passez au point d’accueil de Chantecoq, puis restez sur la digue jusqu’à la nuit. Le retour des grues au coucher du soleil est le moment le plus facile à caler.

Je viens avec des enfants

Préférez le coucher au lever : pas de réveil à 6 heures, et le spectacle dure moins d’une heure. Les longues-vues du point d’accueil évitent d’avoir à acheter du matériel.

Je veux le plus de grues possible

Visez un week-end entre le 25 octobre et le 15 novembre, restez deux jours, et consultez les comptages hebdomadaires de la LPO avant de partir : ils disent si le gros des oiseaux est déjà là.

Le premier son arrive avant les oiseaux. Un grincement rauque, répété par des centaines de gorges, puis des lignes en V qui passent bas au-dessus de la digue, au point qu’on entend les ailes. Le lac du Der est l’une des plus grandes haltes de la grue cendrée en Europe de l’Ouest, à trois heures de route de Paris, et l’un des grands spectacles de nature du pays. Encore faut-il arriver au bon moment : en plein milieu de la journée, on peut faire le tour du lac sans en voir une seule.

Pourquoi les grues s’arrêtent au Der

Le lac du Der-Chantecoq est un réservoir artificiel de 4 800 hectares, mis en eau en 1974 pour réguler les crues de la Marne et de la Blaise et soutenir leur débit en été. À cheval sur la Marne et la Haute-Marne, c’est le plus grand lac artificiel de France métropolitaine, et l’une des grandes haltes de migration du continent.

Les grues y trouvent des îlots et des hauts-fonds pour dormir les pattes dans l’eau, à l’abri des renards, et autour, des prairies, des chaumes de maïs et des chênaies pour se nourrir. Venues de Scandinavie, des pays baltes et d’Allemagne, elles descendent vers l’Espagne par un couloir qui traverse la France du nord-est au sud-ouest ; le Der est pile sur cet axe. La pause dure de quelques jours à quelques semaines ; plusieurs milliers d’oiseaux passent désormais l’hiver sur place.

Quand venir : neuf saisons de comptages

Chaque dimanche, de la mi-octobre à la mi-mars, les bénévoles de la LPO Champagne-Ardenne comptent les grues sur une quinzaine de points autour du lac. Leurs relevés, publiés par période de dix jours, disent quand le pic tombe réellement. Nous en avons extrait le maximum d’automne de chaque saison.

Automne Maximum compté Période du pic
2017 49 400 1er au 10 novembre
2018 63 000 11 au 20 novembre
2019 268 120 1er au 10 novembre
2020 53 445 11 au 20 octobre
2021 65 730 21 au 31 octobre
2022 environ 85 000 21 au 31 octobre
2023 plus de 93 600 11 au 20 novembre
2024 91 000 11 au 20 octobre
2025 47 000 11 au 20 novembre
Maximum par décade entre octobre et décembre, d’après la synthèse des comptages de la LPO Champagne-Ardenne, relevée le 24 septembre 2026.

Deux enseignements. Le pic ne tombe jamais avant le 11 octobre ni après le 20 novembre sur ces neuf saisons, et cinq fois sur neuf il se situe entre le 21 octobre et le 20 novembre. Un week-end fin octobre ou début novembre a donc les meilleures chances.

Ensuite, 2019 ne doit pas servir de référence. Les 268 120 grues de début novembre cette année-là sont un record mondial de concentration, pas un chiffre habituel. Une bonne saison, c’est aujourd’hui 50 000 à 90 000 oiseaux au plus fort, ce qui reste un spectacle considérable.

Groupe de grues cendrées posées dans une prairie inondée peu profonde
Grues cendrées sur une prairie inondée, en Suède, avant la descente vers le sud. Au Der, c’est sur ce type de hauts-fonds qu’elles passent la nuit.

L’heure, plus importante que le jour

La journée d’une grue au Der suit le soleil. Elle dort sur le lac, part se nourrir dans les champs au lever, et revient en fin d’après-midi. Selon la LPO, le lac est pratiquement déserté entre le départ du matin et 16 heures environ.

Le départ du matin se joue en une heure environ, par groupes qui survolent les digues ; le retour du soir est plus étalé. Nous avons calculé les heures de lever et de coucher du soleil à Giffaumont-Champaubert pour les samedis de la saison. Retirez une demi-heure pour savoir quand être en place.

Samedi Lever du soleil Coucher du soleil Sur la digue le soir dès
17 octobre 2026 8 h 03 18 h 49 17 h 45
24 octobre 2026 8 h 14 18 h 36 17 h 30
31 octobre 2026 7 h 25 17 h 24 16 h 20
7 novembre 2026 7 h 36 17 h 13 16 h 10
14 novembre 2026 7 h 47 17 h 03 16 h 00
21 novembre 2026 7 h 57 16 h 56 16 h 00
Heures légales calculées pour Giffaumont-Champaubert le 24 septembre 2026, à la minute près. Le passage à l’heure d’hiver a lieu dans la nuit du 24 au 25 octobre.

Le piège est là : le dimanche 25 octobre, tout recule d’une heure. Ceux qui viennent ce week-end-là doivent recaler leur réveil pour le lever, et arriver plus tôt le soir qu’ils ne l’imaginent.

Où se placer autour du lac

Le tour du lac fait plusieurs dizaines de kilomètres, et tous les postes ne se valent pas selon l’heure et le vent. Trois repères suffisent pour une première observation.

  • Le point d’accueil de Chantecoq, au seul rond-point entre Arrigny et Giffaumont-Champaubert. Des bénévoles de la LPO y prêtent des longues-vues l’après-midi, de 14 heures à 17 heures, gratuitement, et le site est accessible en fauteuil.
  • Les digues, autour de Giffaumont et de Chantecoq. C’est au-dessus d’elles que passent les groupes au lever et au coucher. On y reste debout, sur le chemin, sans descendre vers l’eau.
  • La presqu’île de Champaubert et son église isolée, survivante d’un village englouti par la mise en eau. L’un des points de comptage de la LPO.

Sur place, les bénévoles savent souvent où les groupes se sont posés la veille : c’est la meilleure information du jour.

Infographie du week-end type au lac du Der pour voir les grues cendrées, du samedi midi au dimanche matin
Le week-end type, calé sur le rythme des grues. Temps de route calculés le 24 septembre 2026.

Le week-end en deux jours

Le Der se prête mal à l’aller-retour dans la journée depuis Paris : 251 kilomètres, environ trois heures de route, pour un spectacle qui a lieu à l’aube et au crépuscule. Deux jours permettent de voir les deux.

  1. Samedi, arrivée en début d’après-midi. Point d’accueil de Chantecoq pour repérer les espèces et poser des questions, puis balade à pied ou à vélo sur les digues.
  2. Samedi, une heure avant le coucher. Installation sur une digue, dos au soleil couchant si possible, pour voir les retours se découper sur le ciel.
  3. Dimanche, avant l’aube. Retour sur la digue une demi-heure avant le lever. Le départ se joue en une heure environ ; la LPO propose aussi une animation guidée de trois heures, sur inscription, avec petit-déjeuner ; prix affiché au programme 2025 : 10 € par adulte, 5 € de 12 à 18 ans, gratuit en dessous.
  4. Dimanche, fin de matinée. Les églises à pans de bois des villages autour du lac, ou une balade en forêt, où la cueillette des champignons obéit à des règles précises, puis le retour avant la fin d’après-midi.

Depuis Reims, Troyes ou Nancy, comptez une heure à une heure quarante de route ; depuis Lyon, un peu plus de quatre heures, ce qui oblige à dormir sur place. Pour d’autres idées de sorties courtes au vert sans partir loin, notre sélection de micro-aventures près de chez soi suit la même logique.

Ce qu’il faut dans le sac

Des jumelles, même ordinaires. Deux couches chaudes et un vêtement imperméable : sur la digue, à l’aube de novembre, on reste immobile une heure dans le vent. Un thermos. Et une lampe à lumière rouge pour ne pas éblouir les voisins avant le jour, la même qui sert à observer les étoiles sans perdre sa vision de nuit.

Observer sans déranger

La grue est farouche : un marcheur à plusieurs centaines de mètres suffit à faire décoller un groupe, et chaque envol coûte de l’énergie avant la suite du voyage. La LPO insiste sur un point : en aucun cas il ne faut emprunter les chemins agricoles en voiture pour s’approcher des grues posées dans les champs, ni s’y promener à pied. Les week-ends, ce dérangement est constant, souvent par des visiteurs qui ne se rendent pas compte de la distance de fuite de l’oiseau.

Restez sur les digues et les routes ouvertes. Si un groupe est posé près d’une route, observez depuis la voiture, moteur coupé, sans en descendre : le véhicule sert de cache. Pas de chien sur les berges, pas de drone. Et aucune nourriture, jamais.

Les mêmes principes de distance et de silence valent pour l’écoute du brame du cerf, l’autre rendez-vous sonore de l’automne.

Quelle est la meilleure période pour voir les grues au lac du Der ?

Entre la mi-octobre et le 20 novembre pour l’automne, avec les meilleures chances fin octobre et début novembre d’après les comptages 2017-2025 de la LPO. Au printemps, la remontée se concentre en février. De décembre à janvier, quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’oiseaux hivernent sur place.

À quelle heure voir les grues ?

Au lever du soleil, quand elles quittent le lac en une heure environ, et à partir de la fin d’après-midi, quand elles reviennent dormir. Entre les deux, le lac est quasi vide jusque vers 16 heures. Arrivez une demi-heure avant le lever ou le coucher.

Combien y a-t-il de grues au lac du Der ?

Cela dépend de l’année. Les maxima d’automne des dernières saisons varient de 47 000 à plus de 93 000 oiseaux. Le record, 268 120 grues début novembre 2019, reste exceptionnel. Les comptages hebdomadaires de la LPO donnent l’état de la saison en cours.

Peut-on voir les grues sans guide ?

Oui, depuis les digues et le point d’accueil de Chantecoq, qui est gratuit. Une sortie guidée LPO au lever du jour aide à comprendre ce qu’on voit, mais elle se réserve à l’avance et reste facultative.

La Ferme aux grues vaut-elle le détour à l’automne ?

Pas vraiment. Selon la LPO, les grues n’y sont réellement présentes qu’entre le 15 février et le 5 mars, pendant la période d’agrainage. Le reste de la saison, leur présence y est aléatoire.

Choisissez un week-end entre le 25 octobre et le 15 novembre, et regardez les comptages LPO du dimanche précédent avant de réserver. Arrivez le samedi à 14 heures, restez sur la digue jusqu’à la nuit, et remettez le réveil une demi-heure avant le lever du dimanche. Laissez les chemins agricoles aux tracteurs : les grues vous le rendront en restant là.

Sources

LPO Champagne-Ardenne, synthèse des comptages de grues au lac du Der et pages d’accueil du public (lever des grues, Ferme aux grues, point d’accueil de Chantecoq), consultées le 24 septembre 2026. Heures de lever et de coucher du soleil calculées pour Giffaumont-Champaubert ; distances routières : relevé OSRM du 24 septembre 2026.

Camille Leroy
Camille Leroy Rédactrice voyage France • 8 ans d'expérience

Passionnée de voyages et d'art de vivre à la française, je partage les plus belles escapades, adresses et bons plans pour découvrir les pépites de France.

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